La solidarité par le tourisme

16 01 2010

Article écrit sur le site Internet l’Actualité, il porte à faire réfléchir. Merci à Luc Monette de nous avoir fait découvrir ce texte.

 « Quand s’abat un fléau comme celui de Port-au-Prince, les gens nous téléphonent pour savoir s’ils peuvent partir avec nous pour offrir de l’aide sur place, dit Justine Lesage, porte-parole d’Oxfam-Québec. Mais seuls des coopérants bien entraînés peuvent être envoyés, du jour au lendemain, sur le site d’une catastrophe ».

On le voit, en matière d’aide humanitaire, certains ne se contentent pas de donner de l’argent : ils veulent bouger, agir, participer. Or, s’ils ne peuvent se transmuer en coopérant en un tournemain, le drame d’Haïti nous rappelle qu’il existe plusieurs façons de partir à l’étranger pour aider son prochain. C’est ce qu’on appelle le tourisme solidaire, communautaire ou volontaire, aussi décrit comme le tourisme social ou volontourisme

Né de la volonté de voir le monde tout en aidant des communautés dans le besoin, le tourisme solidaire implique qu’on œuvre bénévolement pour une bonne cause : projet de développement, recherche scientifique, protection environnementale ou animalière, etc. Quand il vise le bienfait de l’humanité, le tourisme solidaire devient humanitaire : aide aux victimes d’une inondation, reconstruction de villes et villages à la suite d’un cataclysme, que ce soit un tsunami ou un séisme… 

De façon générale, les gestes posés par le touriste solidaire se rapprochent du travail du coopérant, à cette différence près que le premier est mobilisé sur de courtes périodes et qu’il n’est généralement pas rémunéré; au contraire, il paie de sa poche la totalité de son périple, fait du bénévolat et sacrifie parfois sur le confort de ses vacances. Dans certains cas, une partie du montant du forfait payé est même versé à de bonnes oeuvres, sur place. 

D’aucuns soulèvent cependant des doutes quant aux motivations profondes qui animent certains organismes, tandis que d’autres estiment que le tourisme communautaire ne sert qu’à donner bonne conscience à des touristes qui en font trop peu, trop tard. Cela dit, plusieurs agences méritent qu’on les considère. 

Au Québec, Expéditions Monde propose ainsi une dizaine de « voyages communautaires » (rénovation d’une école en Tanzanie, développement de l’écotourisme au Laos, etc.). 

 Mer et Monde offre des « initiations à la coopération internationale », avec des stages de 2 semaines à 3 mois, gratuits ou non, au Honduras et au Sénégal. 

HorizonCosmopolite propose des stages de tourisme solidaire et d’immersion culturelle dans une vingtaine de pays sur quatre continents: travail dans un orphelinat au Ghana, enseignement dans une école primaire du Guatemala, etc. 

Humanis Voyages allie aventure et travail communautaire en Asie et dans les Amériques: construction de petites maisons, travail dans une clinique, un hôpital ou une communauté, etc. 

Toujours près de chez nous, la Canadian Alliance for Development Initiatives and Projects (CADIP) permet de prendre part à une foule de projets variés, partout sur la planète: reconstruction d’écoles détruites par un ouragan, sauvegarde des tortues géantes au Mexique, fouilles archéologiques… 

Dans un créneau plus précis, le Earthwatch Institute verse dans le tourisme solidaire à vocation scientifique (impact des changements climatiques sur certaines régions, gestion durable de la forêt pluviale de Porto Rico, etc.) 

Adventures in Conservation s’intéresse pour sa part à la sauvegarde du patrimoine architectural mondial (restauration de sites, reconstruction d’immeubles détruits par des séismes, etc.) 

Enfin, le Réseau de veille en tourisme de l’UQAM, la Commission canadienne du tourisme (CCT), Les Amis de la Terre ainsi que le réseau Matador proposent d’autres exemples de tourisme solidaire/volontaire. 

Pour d’autres suggestions de périples humanitaires, solidaires ou communautaires, consultez ce site ou procurez-vous l’ouvrage 500 places where you can make a difference, publié chez Frommer’s. 

Pour prendre part à des séjours ou à des stages plus longs, ou pour devenir coopérant, consultez la liste de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) ou procurez-vous le guide Stagiaires sans frontières, publié chez Ulysse. 

*** 

Mise à jour: le réseau Matador, une communauté de voyageurs allumés, est en train d’organiser un voyage humanitaire pour tous ceux qui bénéficient d’une certaine expérience sur le terrain et qui voudraient donner temps et efforts pour Haïti.

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